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Wednesday, 18 February 2009

L'espace « public »

Students

Une expérience récente, en tant que bénévole d’une organisation non gouvernementale d’envergure internationale, m’a amené à me questionner sur ce qu’était l’espace public, qui l’occupait et à quelles activités il était prioritairement consacré.

 

Un dimanche après midi, avec une autre personne bénévole, nous tentions de susciter l’échange à propos de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et sur l’absence de signature de ce texte par le Canada, auprès des passants (ou consommateurs et/ou citoyens) de l’un des grands marchés de Montréal. Après une bonne heure d’échanges parfois fructueux, le gérant de cet endroit qui nous semblait public, nous a gentiment demandé de partir. Certains commerçants étaient venus se plaindre, le marché n’étant pas, semble-t-il et selon eux, un lieu de débat ni même un lieu de réflexion ou d’échange, d’autant moins, lorsque ceux-ci avaient trait à la question autochtone.

 

La triste conclusion que j’ai tiré de cette expérience, et que des artistes et intellectuels déplorent aussi, est que l’espace public est de moins en moins dédié à la parole et à l’échange de points de vue. Il n’est plus un espace de débat. Il n’est plus non plus librement accessible, puisque réglementé. Il n’appartient plus directement au citoyen, tel que l’image de la Cité grecque nous l’enseigne. Il l’est d’autant moins lorsqu’il s’agit d’échanger sur la question autochtone. On peut donc se demander aujourd’hui pour quelle raison cet espace est encore qualifié de « public ». Celui-ci est de mieux en mieux adapté à la circulation, à la consommation, au commerce et au passage d’individus qui se croisent mais ne se considèrent et n’interagissent plus en public et dans l’espace public.

 

Sommes-nous en train de perdre notre statut de citoyen et les qualités qui y sont intrinsèques, telles que la capacité à échanger, à se positionner et à tolérer des avis divergents ? Ou, assistons-nous à l’émergence d’une nouvelle citoyenneté ? Si c’est le cas, quels sont les nouveaux lieux de débat ?

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