Lundi, 17 novembre 2008
Barack Obama ou le renouveau en matière de reconnaissance et d'inclusion des peuples autochtones?
Étudiants
Suite à la victoire de Barack Obama le 04 novembre 2008, des organisations telle que le Congrès National des indiens d’Amérique (N.C.A.I.), et communautés autochtones ainsi que leurs représentants ont réagi par la rédaction d’un plan transitoire. Celui-ci soumet au candidat élu et à son équipe le nom de certains représentants autochtones qui pourraient être nommés au sein de l’administration Obama. Deux postes semblent avoir de l’importance, celui de Conseiller en politique autochtone à la Maison Blanche et celui de Secrétaire aux affaires intérieures. Selon le Congrès National des indiens d’Amérique, cinq questions devront être priorisées, la souveraineté autochtone, le financement des services aux communautés, la mise en œuvre du droit, la parité gouvernementale et la réforme fiduciaire. En effet, rappelons que durant la campagne électorale, le candidat démocrate a exprimé sa volonté de procéder ainsi, en nommant à des postes clés des personnalités issues des communautés autochtones du pays.
Ceci laisse présager une ouverture plus importante de la nouvelle administration aux questions autochtones en comparaison aux gouvernements précédents. On peut donc envisager un certain nombre de changement, d’une part, sur le plan interne, mais aussi, pourquoi pas, vu le rayonnement encore effectif des décisions prises par la puissance étasunienne, sur le plan international et interétatique. En ce sens, quel sera l’impact de l’élection de Barack Obama à la Maison Blanche sur l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones par les États-Unis? Si les États-Unis signaient le texte un effet d’entrainement à plus ou moins long terme pourrait-il se produire et pousser le Canada, mais aussi, la Nouvelle-Zélande et l’Australie, puis au-delà, les onze États qui se sont abstenus, à adopter la recommandation? Par ailleurs, en l’absence « d’objecteur persistant » aux dispositions de la Déclaration, cette situation pourrait-elle aboutir à la classification de certaines grandes dispositions du texte parmi les principes coutumiers internationaux, je pense en particulier, et, dans le cas où aucun État n’émette de réserve limitatrice, au principe d’autodétermination interne et à la reconnaissance de droits sur les territoires? Plus modestement, le nouveau Président des États-Unis impulsera-t-il un vent de changement en matière de politique autochtone à la fois interne et internationale? En d’autres mots, son élection représentera-t-elle le point de départ de la construction d’un nouveau vivre ensemble, commençant par la mise en œuvre du droit de participation?
À ce stade, deux constats doivent être fait. Le premier vise à souligner de nouveau l'impact que la sphère politique peut avoir sur la sphère juridique. Le second vise à rappeler que la bouffée d'optimisme entraînée par la récente élection devra être soutenue et prolongée par d'autres pour qu'elle ait un effet favorable et qu'elle ne conduise pas à une nouvelle désillusion. Comment se positionneront les autres États? Notamment, Barack Obama et son administration parviendont-ils à eux seuls à transformer la position de certains leaders comme Stephen Harper?